Selon la dernière analyse de l’IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) effectuée au mois de mars 2018 en Centrafrique, 1,6 million de personnes souffrent d'insécurité alimentaire grave et si aucune aide n'est fournie, 2 millions - 43% de la population - souffriront d'une grave insécurité alimentaire pendant la période de soudure (avril-août 2018) et près de 690 000 en phase 4 de l'IPC (urgence).

MONDE RURAL

 

D’après cette analyse, l'insécurité en République centrafricaine reste la principale cause de l'accès des ménages à la nourriture et aux moyens de subsistance, perturbant considérablement les activités agricoles et d'élevage.

Cinq années consécutives de baisse des récoltes, aggravées par les perturbations du marché et la baisse du pouvoir d'achat, ont entraîné l'épuisement des stocks alimentaires, la réduction de la production, l'adoption de mécanismes d'adaptation négatifs et une dépendance accrue à l'aide alimentaire.

Le nombre de personnes déplacées a doublé en un peu plus d'un an, portant à près de 700 000 le nombre de personnes déplacées, ce qui exerce une pression sur les ressources déjà limitées des communautés hôtes.

La mise en œuvre des activités agricoles et la réhabilitation des chaînes de valeur sont des activités clés qui contribuent à réduire l'insécurité alimentaire, à générer un développement socio-économique, à renforcer la résilience et à stabiliser la paix.

La FAO a un besoin urgent de 11 millions de dollars d’ici à juin 2018 pour soutenir 66 000 ménages par le biais de distributions directes et de foires de semences pour le deuxième cycle de la campagne agricole. Il est essentiel de soutenir le gouvernement dans ses efforts pour restaurer le secteur agricole afin de permettre aux familles paysannes d'améliorer leur capacité à produire, garantir l'accès à la nourriture et générer des revenus suffisants pour renforcer leurs moyens de subsistance.

La campagne agricole 2018 en Centrafrique, vise au total 44 000 ménages sur l’ensemble du territoire centrafricain et elle est financée par six bailleurs dont l’ECHO, le Dfid, l’UNO, la Belgique, l’Irlande et la France. Lors de son lancement le 17 avril dernier, le Représentant de la FAO, M. Jean-Alexandre Scaglia, a appelé à une « trêve des semailles » pour son bon déroulement, dans un contexte où, des actes de violences se poursuivent dans plusieurs régions du pays. /Rosmon

Retrouvez ici la carte IPC : http://www.fao.org/emergencies/ressources/cartes/detail/fr/c/1129937/

http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/emergencies/docs/FAOCARsitrep_May2018.pdf