Un dialogue est entamé ce samedi 19 mai à Bambari après quatre jours de violences enregistrées dans cette ville du centre de la Centrafrique, déclarée il y a quelques temps, ville sans groupe armé.

 

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Les belligérants réunis le 19 Mai à Bambari pour un début de dialogue après le regain de violences du 15 Mai dernier. 

Les violences de Bambari auraient causé d’énormes pertes en vie humaine et de dégâts matériels très importants. Mais, qu’est-ce qui pourrait être à l’origine de cette situation, alors que le pays finissait ses trois jours de deuil ?

C’est pour tenter de comprendre la cause de ce regain de violence et chercher à résoudre le problème que les belligérants se sont retrouvés dans une réunion ce jour à Bambari. L’Etat centrafricain a été représenté par Victor Bissekoin, préfet de la Ouaka, Assane Bouba, conseiller spécial du président Touadera, l’UPC par son porte-parole Dahouda Soulemane. L’évêque de Bambari, la Minusca et quelques agences du système des Nations-Unies ont été aussi présents à cette rencontre, placée sous le signe d’un retour à la normale.

En prenant la parole lors de cette réunion, Dahouda Soulemane, déclare avoir regretté ces violences et agit maintenant pour arrêter l’hémorragie et la souffrance de la population meurtrie injustement suite aux rumeurs, selon lesquelles, « des détenus de confession musulmane auraient été exécutés par les Forces de Sécurité Intérieur(FSI) déployées à Bambari ».

De manière officielle, la découverte du cadavre d'un jeune d’ethnie peulh dans la nuit du 14 au 15 mai, est à l’origine du regain de violence dans cette partie du pays. Mais, selon un rapport partagé au niveau local, la situation de Bambari était déjà bien avant explosive. Les jeunes assimilés aux éléments de l’UPC s’apprêtaient à attaquer la gendarmerie et la police pour venger les leurs, exécutés d’après les rumeurs répondues dans la ville.

Pour vérifier les faits afin de désamorcer la colère des jeunes armés pour la plupart des machettes, sabres et couteaux, les responsables communautaires et locales se sont rendus, quelques heures avant le début des violences, à la gendarmerie et la police pour constater eux-mêmes, la situation des détenus de confession musulmane. Finalement, les nouvelles étaient fausses, mais le temps pour ces derniers de retourner à la base pour un compte-rendu, les violences ont déjà éclaté.  

Suite à cela, il y aurait eu une trentaine de morts, une vingtaine de maisons et commerces incendiés ou pillés. Et le cas du jeune « peulh » a été considéré comme une situation de braquage au cours duquel, il a été tué, une femme à bord de sa moto grièvement blessée par balle.

En Centrafrique, tout le monde sait que le « on-dit » ou « a tènè » en langue sango, est le « tic de langage » pour ceux qui répondent des rumeurs. Mais, l’attitude de beaucoup de gens reste à désirer sur la gestion d’informations sur le pays, surtout en cette période de crise. Une autre réunion est prévue mardi prochain pour la suite des discussions, selon les participants. /Rosmon