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© Rosmon/Lettimbi

L’annonce du mois de Ramadan à Boda n’a pas changé les habitudes adoptées par les populations musulmanes après la crise dans la ville. Celles-ci restent préoccuper par la question de survie face à une pauvreté aiguë et plaquent le Ramadan. 

Cette situation ne favorise pas le devoir sacré des musulmans qui est l’observance de Ramadan. Au final, c’est le verset 2: 184 du Coran qui prime. Ce verset qui prévoit des excuses permettant le non observance du Ramadan est devenue un alibi pour ces nombreux musulmans.

En effet, les aides alimentaires fournies par les ONGs ne suffisent pas à combler le besoin alimentaire de ces populations dont les principales sources de revenus ont été détruites lors des affrontements des groupes armés.

Mahamat, un jeune musulman de 23 ans rencontré à Boda a choisi de vendre ses pièces détachées que de faire la prière de 13h54. 

        " Le conflit a changé notre situation économique, sociale et a influencé même notre foi en Dieu. Il est très difficile pour ma famille et moi de trouver à manger. Je ne peux pas dans cet état observer le Ramadan. Le prophète lui-même nous l’a conseillé dans son livre ", a témoigné ce dernier.  

En réalité la ligne rouge établie par le conflit n’existe plus dans la ville de Boda. Les deux communautés peuvent se croiser dans des lieux publics mais, la méfiance est toujours présente.

       "Ce qui est difficile actuellement pour nous c’est comment trouver la force de relancer une vie normale. Tant qu’on n’a pas une stabilité sociale, il serait difficile de respecter les règles même les plus sacrées. Ces deux dernières années, très peu de musulmans ont observé le Ramadan ", a expliqué un patriarche.

Le Ramadan a débuté le 18 juin dernier pour terminer aux alentours du 17 juillet 2015. 
/Rosmon