Adjilo

« Encouragez l'injustice et libérez Andjilo ! » c’est la volonté manifeste d’une tranche de la population banguissoise qui souhaite de manière directe ou indirecte, la libération de ce chef Ant-balaka, au détriment de poursuites judiciaires dont il fait l’objet.

Pour les Nations-Unies, il est clair qu’un criminel ne peut être relâché après son arrestation sous prétexte d’une quelconque pression.  Et, ceci est une obligation, selon les normes onusiennes.

Mais dans tous les quartiers de Bangui ou presque, cette arrestation est qualifiée d’injuste par une partie de la population. A Gobongo par exemple, un homme a failli être tué par un groupe des jeunes, alors qu’il essayait de faire comprendre à ces derniers qu’Andjilo mérite d’être arrêté. Selon cet homme, il est temps de  mettre un terme à l’impunité en RCA. 

Pas plus tard qu'en fin de la journée du mardi 20 janvier, une étrange manifestation de joie s’était produite à Boye-rabe, dans le 4ème arrondissement. Des gens auraient appris que Andjilo aurait été libéré. Cette manifestation populaire s’est manifestée par des détonations d’armes automatiques et légères, accompagnée de concert de casserole alors que, personne ne savait si réellement, ce chef Anti-balaka avait été libéré ou pas, en échange à la libération de l’employée de l’ONU kidnappée  mardi matin, au quartier Combattant.

Dans certains lieux publics de la capitale, ceux qui connaissent Andjilo pour ses actes criminels, n’oseront pas prendre la parole, ne serait-ce que pour critiquer l’agitation de ses éléments, suite à son arrestation.

Andjilo, Rodrigue Ngaibona de son vrai nom est poursuivi par la justice nationale et internationale pour de nombreux crimes, entre autre, l’incendie de plus de deux cent vingt-sept maisons au village Gbangou, à 120 Km de l’axe Bangui-Damara. Il aurait donné un délai de dix ans aux résidents de ce village de 1000 habitants, de ne pas y habiter tant que lui, il serait toujours en vie. Il a été également, entre aout et septembre, impliqué dans la chasse aux FACA dans le 4e et le 8e arrondissement. Dans la même période, il a été lui aussi chassé du quartier Boye-rabe après une confrontation avec Mokpème, un autre chef Anti-balaka.

En octobre dernier, il a occupé par la force, une maison à Gobongo, Lorsqu’il s’est rendu compte qu’une patrouille de la Minusca passait tous les soirs, tout proche de cette résidence, il a abandonné le lieu tout en accusant le chef du quartier, surnommé Obama, de chercher à le faire arrêter par les forces internationales. Ce chef local a quitté sa maison, abandonnant femme et enfants.

Depuis ce jour, Andjilo a vécu une vie de cavale entre Bouka-Bossangoa-Bangui. Sa dernière apparition publique serait la semaine dernière dans une réunion à la municipalité du 4e arrondissement où, il s’était autoproclamé chef de la Police Militaire(PM), à la traque des Anti-balaka égarés. Cette intervention intervenait quelques jours après que deux jeune-frères, d’une même famille ont été tués froidement par des Anti-balaka, identifiés comme des proches d’Andjilo./Rosmon