Dans une interview exclusive accordée lundi 26 aout 2013 au blog www.lettimbi.canalblog.com, Donald Walter Kenam, un habitant de Boye-rabe qualifie son quartier de mouroir depuis la prise du pouvoir le 24 mars par la Séléka. Il revient sur l’origine des faits produis et souhaite à ce que la France puisse porter un regard sur la RCA en général.

Blog : Donald Walter Kenam, bonjour !

DWK : Bonjour !

Blog : Vous êtes un habitant de Boye-rabe.  Dites-nous quelle est la situation de votre quartier depuis que la Séléka est au pouvoir ?

DWK : Il faut considérer Boye-rabe désormais comme un mouroir. Dans ce quartier, c’est le deuil partout parce que, la Séléka ne cesse de tuer des gens. La situation est affreuse.  

Blog : Mais comment vous vous êtes retrouvés dans cette situation ? Quelle est l’origine du problème ?

DWK : La Séléka pense que l’ex-président François Bozizé a distribué des armes à nous les jeunes du 4ème arrondissement, principalement de Boye-rabe. Sur ce, nous sommes devenus depuis le 24 mars, une cible potentielle pour cette coalition malgré que Djotodja a prêté serment en tant que président de tout le peuple Centrafricain. Même si beaucoup d’entre nous auraient fait partie de la Coalition Centrafricaine d’Opposition aux Rebellions Armées(COCORA), c’était patriotique et sans arme. Et, c’était aussi pour tenter d’éviter le pire que nous vivons aujourd’hui comme les enlèvements, les pillages, tueries etc.

Blog : N’est-ce pas vous qui aviez  tirés des armes la veille de l’investiture du président Michel Djotodja ?

DWK : Non, pas vraiment ! A la veille de l’investiture, certains éléments de la Séléka qui se trouvent juste au niveau du Lycée Barthélémy Boganda, à l’entrée principale de Boye-rabe auraient tabassé à mort deux jeunes du 4ème arrondissement dans la matinée. Pour se venger, ces jeunes auraient fait appel à leurs compagnons qui sont venus d’autres quartiers dans la soirée avec des armes et tirés sur ces éléments. Et, nous habitants de Boye-rabe, étant déjà marginalisés par la Séléka, en écoutant ces tires, on croyait que c’est le pouvoir de Djotodja qui est en train de tomber. C’était  comme ça qu’on avait applaudis et c’est ça qui a empiré notre situation. Mais ce n’était pas nous qui avions tirés ces armes. D’ailleurs, nous n’avons pas d’armes à Boye-rabe. Preuve en est que pendant l’opération dite  désarmement, aucune arme n’a été trouvée. 

Blog : N’avez-vous pas essayé de vous opposer à cette opération de désarmement que cela s’est dégénérée ? 

DWK : Comment pourrions-nous nous opposer aux vœux d’un groupe armé tel que la Séléka. Ils ont prémédité la disparition du quartier Boye-rabe. On a toujours eu l’écho.  Le 19 aout, les chefs de nos quartiers nous ont sensibilisés par rapport aux détentions illégales d’armes. Le soir de la même date, l’ancien ministre de la sécurité publique Nouradine Adam lance un ultimatum aux habitants du 4ème  arrondissement. Et, le lendemain, la Séléka a attaqué notre quartier  Boye-rabe. Nous étions sans défense.  Une dizaine de personnes a perdu la vie. Des femmes, des enfants et mêmes des personnes handicapées sont tombées ce jour-là.  Je ne vais jamais oublier cette date du 20 aout 2013.

Blog : Qu’espérez-vous actuellement ?

DWK : D’abord une assistance rapide à notre faveur. Car, beaucoup d’entre nous ont tout perdu. Si vous allez à l’hôpital de l’amitié, vous verrez ces mamans et leurs enfants sans abri. Le peuple Centrafricain souffre chaque seconde qui passe. Même si la FOMAC ne veut pas assurer notre sécurité, que la France le fasse  au nom de la dignité humaine.

Blog : Croyez-vous encore à la France ?

DWK : Elle a intervenu en Lybie, au Mali et pourquoi pas en République Centrafricaine ?

Blog : Donald walter Kenam, je vous remercie !

DWK : Merci !