La Haye, 23 septembre 2019- La jonction des affaires à l’encontre des ressortissants centrafricains, suspectés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale, risquerait de jouer en défaveur de l’un d’entre eux, Ngaissona, présenté par ses avocats comme un homme généreux contrairement à Yekatom mentionné comme un militaire bien formé. Les avocats de Ngaissona s’opposent au tronc commun de la Défense imposé par la Chambre prémilitaire II dans l’audience de confirmation des charges en cours.

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Ngaissona et Yekatom devant la CPI lors de l'audience de confirmation des charges - Copyright © ICC-CPI

Au mois de février 2019, la Chambre préliminaire II avait décider de joindre les affaires à l’encontre de Yekatom et Ngaissona. Pour les juges de la Chambre, des procédures communes contribueront, entre autres, à accroitre l’équité et la rapidité de la procédure en évitant le double emploi des preuves, les incohérences dans la présentation et l’évaluation des preuves.

Dans un entretien accordé aux journalistes après plusieurs jours de l'audience, les avocats de Ngaissona s’opposent à ces arguments avancés par les juges. « Les cas sont totalement différents. Nous avons déposé des requêtes à la Chambre en janvier et mars 2019 afin de demander que les affaires soient traitées différemment. Malheureusement, nous nous sommes retrouvées dans cette audience avec une jonction des affaires », a souligné Maitre Geert-Jan Alexander Knoops, Conseil de Ngaissona.

Au-delà de leur mission de faire respecter les droits de leur client devant les juges et devant le Procureur, Maitre Geert-Jan et son équipe de la Défense se font une tâche supplémentaire. Celle de débarrasser Ngaissona de Yekatom. « La stratégie du Procureur consiste à faire croire que notre client M. Ngaissona aurait conjointement avec M. Yekatom commis des crimes. Nous allons faire notre soumission de la Défense cette semaine afin qu’aucune charge ne soit retenue contre M. Ngaissona. Une personne comme M. Ngaissona ne mérite pas de rester en détention », a défendu Maitre Geert-Jan Alexander Knoops.

Selon le Bureau du Procureur, Ngaissona était aux yeux du public, des autorités nationales et internationales, le coordonnateur des anti-balaka. « Entant que l’un des principaux proches de l’ancien président Bozizé chassé par les Séléka, Ngaissona est le responsable de tout acte posé par Yekatom et autres [comzones] chefs anti-balaka », avait insisté le Procureur lors de l’exposé oral de son Bureau pour parler du« rôle essentiel » de Ngaissona qui aurait permis de donner un sens aux actions des jeunes dont l’esprit aurait été entretenu avec des discours de haine contre les musulmans et que la mobilisation de ces jeunes passait par le mouvement COCORA de Ngaissona, COAC de Yambeté et FROCCA qui était dirigé par Bozizé, Yambeté et Ngaissona.

Rappelons que c’était le 12 décembre 2018 que Ngaissona a été arrêté en France par les autorités de la République française. Il a rejoint Yekatom au quartier pénitentiaire de la CPI le 23 janvier 2019, à l’issue des procédures nationales jugées nécessaires par les autorités de la Cour. Le transfèrement de Yekatom cependant, a été fait le 17 novembre 2018 après une échauffourée occasionnant son arrestation à l’Assemblée Nationale à Bangui le 30 octobre 2018. /Rosmon