La Haye, 23 septembre 2019- Au début de cette nouvelle semaine de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire Yekatom et Ngaissona devant la Cour pénale internationale (CPI), les Représentants légaux des victimes ont exposé leurs observations orales et présenté leur déclaration en faveur des victimes. Cette présentation concerne uniquement les victimes du conflits de 5 décembre 2013 et décembre 2014, tel que circonscrit par le Procureur dans son enquête.

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Les représentants légaux des victimes- Copyright © ICC-CPI

Il s’agit de la phase au cours de laquelle, des arguments doivent être présentés expliquant pourquoi les victimes souhaitent participer à la procédure et en quoi les intérêts personnels de celle-ci sont concernés. Au total, 1096 victimes ont été autorisées à participer à cette audience à travers leurs avocats, Maitre Dmytro Suprun, Maitre Abdou Dangabo Moussa, Maitre Elisabeth Rabesandratana, Maitre Yaré Fall, Maitre Marie-Edith Douzima-Lawson, Maitre Christine Priso Ouamballo et Maitre Paolina Massidda, présents dans la salle de l’audience.

« Bien que notre mandat des avocats dans cette affaire soit différent de celui du Bureau du Procureur, nous poursuivons tous un seul but ; la vérité et la justice pour toutes ces victime mentionnées dans notre dossier ! Des enfants de moins de 15 ans ont été enrôlés pour participer aux hostilités. Donc, ils sont devenus des victimes parce que Yekatom et Ngaissona ont volé leur enfance. Des familles entière ont subi des graves violations… », a précisé l’équipe des avocats lors de leur rencontre avec les journalistes ce jour à la Haye.

Les avocats ont également réfuté les opinions selon lesquelles, certaines victimes auraient contribué, à un moment du conflit, aux actes de violence dans le pays. Maitre Paolina Massidda a fait comprendre que, « Toutes les victimes pour les autres crimes dans ce dossier, sont des civiles de confession musulmane pris à partie à cause de leur religion ».

Selon ces avocats, il est important de prendre en compte la dimension émotionnelle de ce que les victimes ont subi afin que la Cour puisse humaniser cette affaire.

« Nous avons rencontré des victimes dans des différents endroits du pays y compris au Tchad et au Cameroun. Ce sont parfois des pères qui ont perdu leurs fils, des mères qui ont perdus leurs maris ou tous leurs biens », a insisté MaitreInnocent M’poko, soutenu par Maitre Marie-Edith Douzima-Lawson, qui lors de son argumentation, a demandé aussi que, « la voix des victimes soit entendue et leur souffrance prise en considération ».

Les Représentants légaux des victimes croient pour eux déjà, à une confirmation des charges. Pour ces derniers, les éléments de preuves présentés par le Procureur sont assez positifs. Toutefois, ils ont reproché le fait que certaines victimes dans cette procédures ne sont pas prises en compte par le Procureur dans certains endroits de l’enquête, alors que celles-ci sont représentées dans cette Cour. /Rosmon