Deux ressortissants centrafricains, Yekatom et Ngaïssona, devraient se présenter devant la juridiction internationale pour des présumés crimes commis en Centrafrique. L'audience de confirmation des charges dans leur affaire s'ouvrira ce 19 septembre à la Haye où séjourne depuis quelques jours, une forte délégation centrafricaine pour la circonstance.

 

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La Cour doit déterminer à partir du jeudi si Yekatom et Ngaïssona sont bel et bien responsables de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre en République Centrafricaine entre 2013 et 2014, période pendant laquelle, deux groupes armés, les Séléka et les Antibalaka, s’affrontaient sur le territoire. Si l’acquittement de Jean-Pierre Bemba constitue un mauvais souvenir pour les témoins contre le chef rebelle congolais, l’étape qui suivra l’audience de Yekatom et Ngaissona sera aussi déterminante pour la promotion de la justice auprès de l’opinion publique très critique envers la CPI.

« Une dynamique d’accès à l’information rassurante »

Afin de promouvoir une dynamique d’accès à l’information rassurante et une meilleure compréhension de l’audience de confirmation des charges, un groupe de personnes de la société civile, de responsables de communautés et des médias se sont rendu à la Haye.  D’après les Termes de Référence de cette mission, « les différentes personnes invitées au siège assisteront aux audiences, participeront à une conférence de presse, à des réunions interactives avec divers organes et bureaux de la Cour ».

Cette mission vise donc, à rapprocher la Cour des localités où les crimes ont été commis, à faciliter la couverture médiatique de l’audience aux médias centrafricains, mais surtout créer les conditions nécessaire pour une cohésion sociale entre les communautés grâce à la promotion de la justice.

Le 30 mai 2014, la RCA a renvoyé à la Cour pénale internationale la situation qui prévaut sur son territoire depuis le 1er aout 2012. Aujourd’hui, ces informations permettent à la CPI de continuer à enquêter sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés dans le pays.

 

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Notons que l’arrestation de ces deux leaders Antibalaka, Yekatom et Ngaïssona, intervient dans un contexte où malgré la signature d’un Accord de paix, des violences se pousuivent sur le territoire mais que, « le besoin de la justice est plus fort que jamais… », comme a déclaré Samuela Isopi, l’ambassadrice de l’Union-Européenne en Centrafrique lors de la célébration de la Journée mondiale de la justice internationale le 17 juillet dernier à Bangui. / Rosmon