La chèvre de Boubakar a été présentée le 26 novembre dernier à la Représentation de l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture(FAO) en présence de ses staffs et du public venu d’ailleurs. C’est une pièce théâtrale, montée sous forme d’un tribunal coutumier, une vraie démarche de résolution de conflit entre des groupes de personnes vivant dans une même communauté.

 

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L’un des acteurs dans son rôle de Chèvre de Boubakar, lors de la présentation du spectacle à la Représentation de la FAO en Centrafrique, le 26 novembre 2016

Ils étaient nombreux, staffs de la FAO, des étudiants du Département de Journalisme de l’Université de Bangui et autres partenaires, à venir assister à cette présentation culturelle aux environs de 15h pour laquelle, le Représentant de la FAO, M. Jean-Alexandre Scaglia, a invité personnellement, dans ses mots d’ouverture, le public d’être attentif. « C’est pour moi un réel plaisir de vous accueillir au sein de la Représentation de FAO, pour la présentation de cette pièce théâtrale, appelée la Chèvre de Boubakar. J’invite chacun d’entre nous, à suivre attentivement ce spectacle qui illustre le vécu du monde rural et qui nous rappelle, combien il est nécessaire de savoir régler les problèmes qui surgissent entre les gens qui partage un même lieu de vie. Le monde rural a besoin de paix pour se développer et le spectacle est un parfait exemple des voies à entreprendre pour régler nos différends », a lancé Jean-Alexandre Scaglia, Représentant de la FAO en Centrafrique à l’ouverture du spectacle.

Jouée par trois artistes dont l’auteur Comédien, Conteur, Dramaturge, Boniface Olsène Watanga, « La chèvre de Boubakar », a vite retenu l’attention des partenaires tel que l’Alliance Française de Bangui(AFB), la FAO et la Coopération Française, qui ont décidé de soutenir cette initiative, dès le début de mois de juin, à travers une tournée dans certains endroits de Centrafrique, un pays en proie à de violences intercommunautaires. 

Pendant 45 minutes, les trois acteurs sur scène jouent les personnages, à la fois préparent le public au débat qui suivra, sur le sujet du spectacle. À ce niveau, comment, un cultivateur et un éleveur peuvent ne pas s’entendre quand une chèvre, dans sa quête de bonnes herbes, va brouter dans le champ d’un cultivateur ? S’interroge Boniface Olsène Watanga dans son résumé.

« La chèvre de Boubakar va ravager les cultures d’Ernestine. Prise au piège, elle est présentée au Chef du village qui convoque Boubakar devant le grand conseil du village pour qu’il repende des faits de sa chèvre. Le village se réuni dans la cour du Chef. Dans l’intérêt de préserver la cohésion sociale et le vivre ensemble, Boubakar propose alors une solution qui satisfait tout le village », a résumé l’auteur Comédien, Conteur, Dramaturge, Boniface Olsène Watanga.

Pour le public, ce fut une agréable surprise de voir la réalité du monde rural mise en scène ce jour-là. «Je suis à la fois surprise et heureuse de vivre ce moment de spectacle. Je me sens personnellement interpellée par la question de la cohésion sociale dans notre pays, dans ma communauté, dans ma famille. J’en parlerai autour de moi sans doute. Je profite  pourremercier la FAO, l’Alliance Française de Bangui et leurs partenaires, de nous avoir fait sourire mais nous éduqué aussi, à travers la Chèvre de Boubakar », a témoigné Miriam Bamanda, étudiante en 2e année des Sciences de la Terre à l’Université de Bangui.

La chèvre de Boubakar a été pour la première fois présentée à l’Alliance Française de Bangui, au quartier Boye-rabe, dans le quatrième arrondissement, puis à l’Université de Bangui avant son apparition à la Représentation de la FAO. Cette présentation se poursuivra dans les mois à venir, dans d’autres endroits de la République centrafricaine tel que, siège de la croix rouge au km5, Lycée de Fatima, Archevêché de Bangui, Mairie de Pétévo, Institut Supérieur de Développement Rural(ISDR), Assemblée Nationale, Boda, Berberati, Bouar, Bria et Bambari.

Ce n’est pas la première fois que les trois partenaires, l’Alliance Française de Bangui, la FAO et la Coopération Française se mettent ensemble pour soutenir de telle initiative visant à mettre en exergue les atouts du monde rural. En 2015, sur l’engagement de ces mêmes partenaires, une autre pièce théâtrale, dénommée « La soupe de Sidonie », une création adaptée par Jean-Louis Sagot-Duvauroux du spectacle de la compagnie malienne BlonBa «Bougouniéré invite à dîner», a connu le même succès que celui que « La chèvre de Boubakar » est en train de vivre. /Rosmon 

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