Les relations entre les médias centrafricains et les acteurs humanitaires étaient,  vendredi 30 novembre dernier, au centre d’une table ronde à l’Hôtel Leader à Bangui. Organisée par l’ONG Internews, cette table ronde à regrouper une centaine de directeurs de publication, de rédacteurs, de journalistes indépendants et de bloggeurs.

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Mathias Manirakiza d'Internews et responsables des structures médiatiques à l'Hotel Leader-Photo:© Rosmon

Il s’agit de trouver un cadre d’échange entre les professionnels de médias et les acteurs humanitaires œuvrant en Centrafrique entre qui, depuis les violences du 26 septembre dernier, les relations ne sont plus au beau fixe. Ceci se traduit par des titres un peu malveillants que certains hommes de médias donnent dans leurs journaux pour parler des activités des acteurs humanitaires.

En ouvrant le débat, Mathias Manirakiza, directeur-pays d’Internews à Bangui, a projeté comme exemple le titre d’un article paru à une période où plusieurs sièges des ONGs à Bangui ont été attaqués, pillés et détruits par des individus.

En effet, un titre tel que : « Devoir de solidarité : les centrafricains victimes de l’aide humanitaire », c’est en quelque sort, donner une mauvaise représentation des ONGs aux  populations qui ont besoin d’aide humanitaire, selon Mathias Manirakiza, directeur-pays d’Internews.

Le débat a été houleux pour un début. Certains participants ont considéré l’observation faite par ce dernier comme une leçon de morale. Toutefois, en prenant la parole autours de rôle, les directeurs de rédactions, des journalistes et des blogueurs se sont exprimés favorablement à la mise en place d’un cadre d’échange entre les médias et les acteurs humanitaires.

« Nous reconnaissons qu’il y a souvent de dérapage dans nos médias. Mais la responsabilité doit être partagée car certains humanitaires font la rétention d’information et lorsqu’on n’a pas les informations complètes, nous sommes obligés de publier ce que nous avons sous la main », a expliqué l’un des journalistes participants, avant de souligner d’autres difficultés rencontrées par les médias en Centrafrique, entre autres, le manque de moyen de transport avant ou après une couverture médiatique et le manque de subvention de la part de l’Etat centrafricain.

Pour le directeur-pays d’Internews à Bangui, «  Cela ne justifie pas le fait de prendre le risque de publier des informations erronées et non vérifiées. En faisant cela, nous manquons de professionnalisme et nous nous livrons à des sanctions de la part du Haut Conseil de la Communication(HCC), l’organe en charge de régularisation des médias en RCA ».

En octobre dernier, trois radios et un organe de presse ont été déjà sanctionnés par le HCC. Dans ce contexte, l’initiative de l’ONG Internews devrait permettre aux professionnels de médias de se rappeler des règles d’éthiques et déontologies afin de bien exercer leur métier.

« Journaliste ou acteur humanitaire, nous sommes dans le même camp, nous défendons les mêmes causes qui sont celles de servir la population en détresse », a déclaré une participante à la fin de son propos. D’autres rencontres seront organisées dans les jours à venir pour approfondir le débat, a rassuré les organisateurs. /Rosmon