La tentative d’arrestation d’Aroun Gaye, dit « Le général », leader ex-séléka s’était tournée en un violent affrontement dans la nuit du samedi 1er aout à dimanche 2 aout au km5. Les contingents rwandais, camerounais, congolais et sénégalais envoyés le récupérer se sont heurtés à une force.

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Le bilan provisoire de ce combat fait état de 2 morts et plusieurs blessés parmi les civiles et 1 mort dans le rang des casques bleus. Mais d’autres sources parlent d’un bilan assez lourd : 7 Casques Bleus tués, 8 autres gravement blessés, 2 chars brulés et un pick-up endommagé, une information difficile à vérifier.

Selon les informations recueillies par Lettimbi, au moment de l’opération, les forces de la Minusca sont tombées dans une embuscade avant même d’arriver au domicile d’Aroun Guay, dit « Le Général ». Les combats ont durés plus de 3 heures de temps et l’homme recherché par la justice centrafricaine n’a pas été arrêté par les forces onusiennes appuyées par une unité de la police centrafricaine.

Comment Aroun Gaye a organisé sa résistance

D’après nos informations, la nouvelle d’arrestation d’Aroun Gaye lui a été communiquée quelques heures d'avance par une de ses sources au sein du gouvernement de transition. Ce qui lui a permis de mobiliser ses éléments. Précisément, une vingtaine des ex-séléka cantonnés du Bataillon de Service et du Soutien(BSS) ont fait la descendu au km5, en traversant les quartiers Benz-vi, Gbakondja, Ngou-Siment pour atteindre Sayvoir, nom du pont situé entre le 5e et le 3e arrondissement de Bangui, à côté duquel se trouve le domicile de ce dernier.

Mais bien avant l’arrivée de ces renforts, des jeunes armés du km5 avaient déjà pris position dans les différentes ruelles, les caniveaux et derrières les maisons et cabanes. Le plus important de ces dispositifs était celui placé au niveau du pont Yakité et le quartier « Camerounais », tenus par des anciens combattants de l’ex-séléka comme : Tidjiani et Nasri qui gardent jusque-là, les 4 pick-up utilisés pendant l’invasion de Bangui en 2013, sur lesquels, on peut lire : « Danger de Mort », «Lawa Lawa » etc. Dans ces pick-up, se  trouvaient des armes Antichars qui avaient permis de mettre hors usages les 3 véhicules des casques bleus lors de ce combat.  

L’emploi des armes lourdes, tels que les lances roquettes et les grenades antichars au milieu des maisons et des boutiques, dans une obscurité totale a permis à Aroun Guay de prendre le dessus sur les forces conventionnelles de la Minusca.

Tenue en échec, la Minusca s’est retirée finalement aux environs de 9 heures du km5, zone désormais contrôlée par Aroun Gaye et ses éléments.

Aroun Gaye a gagné aussi le combat médiatique ?

Sous le traumatisme des coups de feu, c’est le nom d’Aroun Guay qu’on entend dans toute la ville de Bangui.  Les medias en parlent très rapidement et laissent passer des extraits de ses interviews à la radio.  En effet, l’homme en question n’est qu’un élément parmi tant d’autres, entretenu par des leaders Séléka, Abakar Saboune en première ligne. Il se fait appeler « Le Général » pour sa capacité à opérer n’importe où et n’importe quand.

Le 28 aout 2014, Aroun Gaye a dirigé personnellement le combat du « Pont Yakité » au km5 qui a couté cher aux gendarmes de l’opération Sangaris et ceux de l’Eufor-RCA, avant d’organiser le lendemain une marche pacifique sur l’avenue Barthelemy Boganda pour interdire aux militaires français de circuler dans le secteur.

Le 26 septembre de la même année, ce dernier a déclaré une journée mort au marché du km5 pour rendre hommage aux commerçants musulmans tués par des Anti-Balaka sur l’axe Sibut-Dékoua. Une journée de deuil qui a terminé par un affrontement entre la Sangaris et les jeunes musulmans. http://www.rjdh-rca.net/actulites/actualite/bangui-une-journee-de-deuil-au-km5-tourne-en-emeute.html?version=desktop

Le 23 octobre de la même année, celui-ci faisait partie d’un comité qui a invité l’Ambassadeur de France à Bangui et les militaires français de la Sangaris à une rencontre de réconciliation au km5, un rendez-vous respecté par Charles Malinas, avant de lui causer de graves ennuis le 26 juin de cette année, lors du lancement officiel des inscriptions sur la liste électorale dans le 3e arrondissement, comme rapporter le site d’informations Kangbi-ndara. http://kangbi-ndara.com/bangui-le-bapteme-de-feu-de-lambassadeur-charles-malinas-au-km5/

Aroun Gaye a longtemps côtoyé les institutions les plus influentes de la RCA et connait leurs points faibles. A titre d’exemple, après les tueries de l’Eglise de Fatima en Avril 2014, il était à la tête d’une protestation qui a pu changer la décision de la présidente de  transition Catherine Samba-Penza, selon laquelle, « le km5 doit être  désarmé ».

Son arrestation promis par la Minusca risquerait d’être encore l’une des promesses non-tenues par les autorités du pays et la communauté internationale en tête de ce pays depuis plusieurs mois déjà./Rosmon