La prison centrale de Ngarangba est plongée dans une insurrection totale après le décès d’un détenu dans la nuit du dimanche 23 à lundi 24 novembre. Les forces nationales et internationales présentes à Bangui ont tenté de contenir la situation mais, les prisonniers ont pris contrôle de la maison d’arrêt, pendant des heures, après avoir désarmé leurs geôliers.

La situation à la prison centrale de Ngarangba était déjà explosive et que le décès de ce détenu dans la nuit du dimanche n’est qu’  « une goutte d’eau  qui fait déborder le vase ».

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A Ngarangba, beaucoup dorment sur le sol absorbant la fraicheur, les vomissements, et la crache de certains prisonniers souffrant de simple maladie ou des tortures.

Il y a de cela quelque jours, des prisonniers ont fait part de leur condition de détention aux geôliers mais, leur plainte n’a pas trouvé réponse. « C’est quand il a rendu l’âme  qu’ils sont venus chercher le corps comme si c’est une évidence de rester ici et mourir dans cette prison. Quel que soit le degré du crime, nous avons quand-même nos droits. Nous avons besoin de nous faire soigner, nourrir et vêtir », a fait savoir l’un des détenus blessés par balle dans cette émeute.

Selon les informations, les prisonniers ont utilisé des armes arrachées entre les mains des geôliers. En totale, une dizaine de grenades et trois kalachnikovs ont permis au détenus de faire front aux éléments de la Minusca et de blessés au moins deux d’entre eux. Cependant, aucune source officielle n’a encore confirmé le nombre exact des détenus blessés lors des tirs.

Après plusieurs heures de négociations, les détenus ont accepté de faire taire les armes. Ils ont étalé aux autorités du pays leurs difficiles conditions de vie à la prison centrale. Notamment, l’absence de prise en charge sanitaire, les conditions de préparations de leurs repas, l’état même de la prison ainsi que leurs procès qu’ils attendent toujours.

La prison centrale de Ngarangba contient au moins plus de 6000 prisonniers pour 450 places prévues initialement. La plupart des prisonniers actuellement à Ngarangba appartiennent aux mouvements armés, mis en cause dans la crise que traverse le pays encore aujourd’hui.

Le calme est revenu ce mardi 25 novembre mais, les dispositifs sécuritaires sont toujours visibles autour de cette prison. /Rosmon