Des centrafricains exilés à Brazzaville sont obligés à quitter le pays ces derniers jours. A l’origine des faits : une affaire de viol tourne en agression et lutte anti-centrafricaine. Nombreux qualifient désormais l’ancienne ville coloniale, Brazzaville comme « une ville de lamentation (…)» et réclament des autorités une protection au nom de la CEMAC.

Brazzaville

L'opération "Mbatayabakolo" (la "gifle des aînés", en lingala) n’est plus l’apanage des ressortissants congolais de RDC, refoulés de Brazzaville. Des centrafricains vivants dans cette partie d’Afrique Centrale sont aujourd’hui visés par cette operation de rapatriement. En espace d'une semaine, une centaine de centrafricaines ont été rapatriés de Brazzaville. Ce mardi 11 novembre, d'autres vont quitter volontairement le Congo par la voie aérienne et fluviale pour sauver ce qu’ils appellent leur « dignité », un mot de la devise de la République Centrafricaine.

« J’habitais le quartier Dragage tout proche de Pilla. Un compatriote aurait violé une fille de 14 ans. Au lieu de laisser la justice faire son travail, c’est tout un quartier qui s’est déversé sur notre communauté », a rapporté un rescapé de Brazzaville qui vivait de rentrer en Centrafrique.

Certains centrafricains témoignent avoir vécus des violences sexuelles, des pillages dans leurs maisons et d’autres, les plus faibles auraient rendu la vie après  avoir été battu par des foules le 25 octobre dernier. « La police était présente lorsque des gens nous agressaient. Certains policiers ont même facilité notre traque comme si nous étions des bandits. A quoi ça sert la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale(CEMAC)si des centrafricains sont agressés dans la zone ? Peut-on encore parler de la libre circulation des personnes et des biens prôné par la CEMAC?Nous avions fui la RCA à cause de la guerreet on pensait trouver de refuge chez nos frères congolais, mais ils nous maltraitent », a décrié Farissa, une centrafricaine, obligée à nier sa nationalité pour survivre.

Dans la ville de Pointe-Noire, plusieurs centrafricains ont été renvoyés par leurs patrons. Des étudiants également ont fait part de leur inquiétude face à cette montée de xénophobie dans la capitale congolaise. Une rencontre le 02 novembre dernier, leur a permis de relater leur souffrance et réclamer des autorités du pays une protection.

Un ancien diplomate centrafricain, rencontré à Bangui qualifie cette affaire comme « une crise diplomatique grave ». Cependant, aucune réaction de la part des autorités centrafricaines n’a été enregistrée et très peu de médias en ont parlé.

Depuis le chaos en Centrafrique, des centrafricains à travers le monde ne cessent de réclamer la justice et la protection, souvent dans leur propre pays ou parfois dans leur pays d’asile.

Au début du mois d’octobre dernier, du côté de la frontière Centrafricano-camerounaise, des civiles centrafricains ont été pris à partie par les Forces d’Intension Rapide(FIR) camerounaises. Un drapeau camerounais a été planté sur le territoire centrafricain à Garoua-boulaie après plusieurs jours d’affrontement avec des présumé Anti-balaka au cours desquels un gendarme centrafricain en poste à Garoua-Boulaye a été tué et des maisons appartenant à des centrafricains ont été pillées. /Rosmon