La consommation de la viande boucanée appelée « charmoute » est en hausse à Bangui, depuis que les violences intercommunautaires ont poussé des éleveurs et des bouchés musulmans à l’exode.

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                                            Photos de la charmoute sur le marché - Rosmon

« Faute de grives, on mange des merles!» Cet adage explique la forte consommation de la charmoute depuis que la viande de bœuf devienne rare dans des foyers banguisois.  Il suffit de faire un tour sur les marchés pour constater l’abondance de la « charmoute ». Elle substitue à la viande de bœuf qui était l’un des aliments de base dont l’absence sur le marché risque de créer aujourd’hui, un déséquilibre alimentaire suite aux violences intercommunautaires connues dans le pays. Pour le moment, aucun problème ne se pose sur le prix de la charmoute puisqu’elle est vendue entre 500 fcfa et 6000fcfa avec un ravitaillement excessif du marché au détriment de certains aliments de bases tel que du poisson frais, du poulet ou de simple crevette.  

 « Charmoute »

 Le nom « charmoute » vient des bergers peuls, « la viande de bœuf fumée ». Autrement dit, la viande boucanée mais faite à partir de la viande de bœuf au lieu des animaux sauvages tel que le lièvre ou la panthère, connus de tous les consommateurs. L’idée de la charmoute est née à partir du moment où, la conservation de la viande crue pose problème aux bouchers peuls qui souhaitent toujours revendre le résiduel de leurs marchandises.  Au fil du temps, les gens ont trouvés du gout dans la consommation de la charmoute mais pas aussi énorme qu’on le constate actuellement.

« L’approvisionnement du marché en charmoute »

Pendant que l’appétit est grand chez certains consommateurs, chez d’autres, l’approvisionnement du marché en charmoute est sujet de controverse. Notamment, la provenance des bœufs servant à la charmoute déchire souvent l’opinion publique à l’heure où, tout le monde sait que les bergers et les éleveurs peuls qui ont le monopole du marché à bétail et de charmoute ont été contraints à l’exode à cause des violences intercommunautaires en Centrafrique.

Selon plusieurs sources, durant les violents affrontements de décembre 2013 à février 2014, un nombre incalculable de bétails appartenant à des peuls ont disparu. Nombre de ces bœufs sont saisies par des Antibalaka qui n’hésitent pas à lancer de grenades au milieu de ces troupeaux, tandis que d’autres se sont égarés dans la nature, au merci des chasseurs, des villageois ou des groupes armés qui, eux aussi, utilisent souvent des armes de guerre pour l’abatage. C’est ce qui explique l’approvisionnement excessif du marché en charmoute et le faible prix qu’elle représente,  ont ajouté les mêmes sources.

En plus des critiques formulées par des banguisois sur la condition d’abatage et de la provenance de bœuf servant à la charmoute, vient s’ajouter la pollution de l’air due au transport de cet aliment dans des véhicules de transport en commun. Mais, cela n’empêche pas toujours l’afflux de charmoute sur les marchés à Bangui, en provenance de Yaloké, de Boukha ou de Kaga-Bandoro, réputées être des zones sous contrôle des hommes armés./ Rosmon

      Rosmon- le 07-avril-2014 ; www.lettimbi.canalblog.com